37 °C sur la terrasse !

37 °C, c’est également la température moyenne de notre centrale énergétique interne ;
il est donc illusoire de chercher un rafraichissement sur la terrasse,
à moins de profiter d’une bise rafraichissante…

Mais, comment une brise à 37 °C peut rafraichir une peau à 37 °C?

Par le jeu des pressions partielles et l’évaporation !
En effet, le flux d’air arrêté par votre peau crée une fine couche en légère surpression, cette modification d’état a besoin de chaleur, qu’elle puise sur la peau, accélérant les échanges thermiques et surtout l’évaporation.

C’est cette énergie absorbée par la couche d’air qui nous donne cette agréable impression de fraîcheur.

 

Comment s’accommoder de la chaleur ?

Depuis l’époque révolue où l’on agitait des feuilles de bananiers, aux beaux jours des ventilateurs électriques, nous n’avons de cesse de vouloir agiter l’air, cherchant à accélérer les échanges entre notre corps et l’air ambiant.

L’eau serait bien plus efficace, car elle transporte mieux la chaleur. Mais nous vivons dans une atmosphère gazeuse, environ huit cents fois plus légère que l’eau.

Il faut donc mettre l’air en mouvement afin qu’au rempart de notre peau il se produise les conditions thermodynamiques à un transfert de chaleur accéléré : éventails, ventilateurs, ou simple courant d’air.

 

Mais, c’est quoi la chaleur ?

Nous savons tous que la chaleur est une forme d’énergie qui se transmet d’un corps plus chaud vers un corps plus froid.
Cette énergie peut voyager par contact, par déplacement de l’air… ou par rayonnement.

La physique quantique nous apprend que tout atome modifié par une excitation, un réchauffement ou une agitation, émet un rayonnement spécifique à son changement d’état, c’est ce rayonnement, que nous ne voyons pas, et que nous percevons comme chaleur ; si nous avions des yeux adaptés, nous pourrions le distinguer aussi clairement qu’une lampe allumée.

Nous savons aussi que l’état d’un atome influence son voisin, dans une pièce, l’air échange sans cesse de la chaleur avec les murs, le sol, le plafond, les meubles…

Quand il fait chaud, nous baignons dans une vaste piscine d’air dans laquelle il est illusoire de pouvoir modifier quelques cubes d’air indépendamment de son environnement.

C’est ici que la machine s’adapte à l’urbanisme et vient à notre secours. Exploitant le relatif isolement que procurent les murs, elle puise la chaleur dans le bocal et la reverse dans la rue.
On appelle ça, la Clim.

 

La clim, comment ça marche ?

Une climatisation n’est, au fond, qu’un réfrigérateur dont on a séparé les différents éléments.

À l’intérieur, le « split » prélève la chaleur de la pièce.
À l’extérieur, un autre échangeur la rejette dans l’air.
Entre les deux circule un fluide qui passe alternativement de l’état liquide à l’état gazeux.
Un compresseur, quelques vannes et deux ventilateurs suffisent à faire voyager cette chaleur d’un côté à l’autre du mur.
Le résultat est étonnant :
la chaleur n’a pas disparu… elle a été transvasée.
Merveille technologique ! même si la clim entre autres nuisances, peut perturber un salon et défigurer une façade.

– Pourquoi des gaz ?

En comprimant un gaz, sa température augmente fortement (≥100°C). En le laissant ensuite se détendre, il se refroidit tout aussi spectaculairement (≤-15°C).
Les climatiseurs exploitent ce cycle en boucle.

Les frigorigènes, élaborés à partir de gaz présents dans l’atmosphère, sont répartis selon leur meilleurs delta entre état liquide et gazeux pour une pression donnée.
Voitures,  frigo ou pompes à chaleurs, ils sont comprimé, détendus, re-comprimés… et ils passent beaucoup de temps dans des serpentins.

– Avantages de ce système frigorifique !

Selon le sens dans lequel on fait circuler le fluide, on obtient soit un réfrigérateur, soit une climatisation… soit une pompe à chaleur. Les trois appareils reposent exactement sur le même principe.

– La clim présente des défauts ?

On a compris les avantages d’une circulation d’air climatisée qui compense en temps réel les échanges thermiques, ainsi que l’automatisation en temps et températures des seuils de confort.
Cependant :
Tout ceci se fait grâce à des mouvements d’air issus de ventilateurs dont le bruit aérodynamique est permanent.
L’installation nécessite la pose de tuyaux relativement importants entre les splits (éléments intérieurs) et l’échangeur extérieur.
Consommation électrique, deux ventilateurs, un compresseur, des électrovannes et de l’électronique basse tension. (≈ 2 frigo double porte).
L’installation en bâtiments anciens peut exiger des modifications des structures.
L’échangeur extérieur peut être frappé d’interdiction pour des raisons esthétiques ou sonores.

Faut-il encore attendre avant de faire installer une clim ?

Les clims en appartement ont à peine 30 ans d’âge et connaissent depuis 10 ans, des améliorations majeures en encombrement, automatisation, prix et bruits.
Peut-on aller plus loin concernant les bruits ? N’espérons pas de miracle de ce côté-là.
Peut-on aller plus loin concernant l’encombrement ? L’intrus, c’est le bloc extérieur que l’on ne veut ni voir, ni entendre, l’inamovible qui s’invite sur nos terrasses. Tel qu’il est conçu aujourd’hui, monobloc compact, sa place naturelle serait sur les toits… Au Parc, nous devrons nous contenter de cet invité soufflant sur un coin de la terrasse.
Peut-on aller plus loin concernant l’usage ? Ce qui rafraîchit en été peut réchauffer en hiver, avec le même équipement ! Assurez-vous que le fabricant l’ait électroniquement prévu (une simple question d’asservissement des vannes).

Une clim-réversible est idéale pour étaler les coups de froid ou de chaud, si elle est programmable, elle s’occupe de tout.

Chaleur et Écologie

On a pu entendre des choses étranges et alarmistes de la part de vertueux écologistes.
La clim serait co-responsable du réchauffement climatique et atmosphérique.
Voyons ce qu’il en est :
– Le CO2 ? inemployé dans le circuit frigorigène.  Electrique ? impact quasiment nul, si nous restons sur du nucléaire.
– La chauffe ? – Les moteurs ? légère chauffe, ≈ non-mesurable ! – Les pales des ventilateurs sans doute légère chauffe, ≈ non-mesurable.
-L’air chaud ventilé à l’extérieur ? Une climatisation ne crée rien, elle collecte simplement la chaleur du bocal qu’elle rejette dans la mer. Sachant que c’est la mer qui remplit le bocal.
Penser que ce déplacement réchaufferait l’atmosphère serait croire que je modifie la hauteur du lac en écopant ma barque.

Les fluides frigorigènes ? Constituent le seul danger écolocide.
PDF : Frigorigènes & Usages

 

Pour les friands de littérature : Témoignage de George Sand 15/09/1870

[ …]Une grande fatigue, le travail en retard, un effort désespéré pour reprendre ma tâche au milieu d’un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1er juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre, l’effroi des maladies et de la misère pour tout ce pauvre monde découragé de demander à la terre ce qu’elle refusait obstinément à son travail, la consternation de sa fauchaison à peu près nulle, la consternation de sa moisson misérable, terrible sous cette chaleur d’Afrique qui prenait un aspect de fin du monde ! Et puis des fléaux que la science croyait avoir conjurés et devant lesquels elle se déclare impuissante, des varioles foudroyantes, horribles, l’incendie des bois environnants élevant ses fanaux sinistres autour de l’horizon, des loups effarés venant se réfugier le soir dans nos maisons ! Et puis des orages furieux brisant tout, et la grêle meurtrière achevant l’œuvre de la sécheresse !

« Le journal d’un voyageur pendant la guerre ». Extrait

Mais par-dessus tout, sourions !

Il fait chaud, le climat a son propre calendrier.

De tout temps, de toute époque, le climat a été la résultante de si nombreux facteurs que le hasard a ici, bonne place.

La météo est une science, la climatologie est un présupposé.
Bien savant qui saurait prédire l’imprédictible.

Sans être devin et en observant le vol des martinets, faisons audace de prédictions :
Après soleil viendra la pluie.
Fleurs au printemps donneront fruits.
Et en l’an neuf trônera gui.

Iv.S

juillet 2026