Mirabelles ! quel joli son que voilà.

Le nom caresse l’oreille comme un souffle de vent sur les branches nouvellesMirabellier du printemps.
Car c’est au jeune mois de mars de Provence, que fleurissent ses brindilles encore hivernales.


Petites coroles de pétales blancs ébouriffés au ciel d’azur, leur nombre nous dit la quantité de nouaison qui ornera cet arbuste à peine plus grand que le buisson du talus qui l’abrite.

Mirabelles du Parc …

La ceinture végétale du Parc Mozart abrite quelques uns de ces Prunus domestica var. syriaca qui modestement offrent leurs fruits aux curieux du mois d’aout.

Promeneurs que l’on vit quelque fois, dresser des échelles pour recueillir des fruits pas plus grands qu’une becquetée d’oiseau, au goût si délicat qu’il donne à la prune sa parenté sucrée.

D’où viennent ces mirabelliers du Parc ? si loin des vergers de Lorraine …

On dit que cet arbre, originaire des régions bordant la mer Noire, fut introduit en Provence par les Romains, qui l’acclimatèrent dans leurs jardins d’agrément.
Aussi lorsque Licinus, – androphore propriétaire terrien sur les coteaux de l’actuel Parc Mozart – aménageait sa villa ; sans doute a-t-il choyé quelques plants qui de siècles en siècles ont ensemencé une terre qui nous en rapporte ses fruits aujourd’hui.

 

Mirabella ou Mirabilis ?

Comment disaient-ils mirabelle en ces temps ? Mirabilis, sans doute,
mais son nom actuel est plus probablement lié aux localités provençales Mirabel, en Ardèche ou Aveyron, qui ont acclimaté l’espèce, et dont la réputation s’est plus tard répandue en Lorraine où les mirabelliers sont devenus jardins et vergers.

Si rares sont-elles ces billes de nature, testaments d’un passé lointain, nous pleurent au passage de nos promenades, leurs fruits blets comme les vestiges d’un passé rénové.

Ainsi vivent encore, dans l’ombre des talus, ces prunelles modestes
qu’il nous plait de nommer MIRABELLE.

Iv.S

Avril 2026